[Interview] Benjamin Boyer : « Devoir prendre l’accent anglais, c’était un vrai challenge »

Benjamin Boyer / @ Ciné, Séries, Culture
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A l’occasion de la 56ème édition du Festival Off d’Avignon, j’ai pu aller à la rencontre de Benjamin Boyer, qui est actuellement à l’affiche de Brexit Sentimental. La pièce se joue du 7 au 30 juillet au Théâtre des Gémeaux à Avignon.

Bonjour Benjamin, vous jouez actuellement dans Brexit Sentimental au Théâtre Actuel. Pouvez-vous nous présenter la pièce ?

 Benjamin Boyer : C’est la nuit du Brexit durant laquelle on va avoir les résultats. Un couple d’anglais qui habite en France, en Touraine, fait la connaissance d’un couple de français qui, on va l’apprendre un peu plus tard dans la pièce, habite à Londres. Donc ce sont des français qui habitent en Angleterre et des anglais qui habitent en France qui se rencontrent. Durant cette nuit du Brexit, on ne sait pas trop ce qui va se passer. Est-ce que l’Angleterre va quitter l’Europe ? Est-ce que ces couples vont se brexiter c’est-à-dire se quitter les uns les autres ? Tout ça se confond et ça donne une comédie très drôle et très légère que je vous invite à venir découvrir.

C’est une comédie sociale qui aborde différents thèmes ?

Oui, et notamment les différences entre les anglais et les français, ces petites particularités assez amusantes que chacun de nous avons et qu’on se reproche régulièrement.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de jouer ce personnage ?

Moi, je fais partie du couple anglais. Je joue avec l’accent anglais durant toute la pièce. Ça me plait car je ne suis pas du tout anglais : je suis corse et belge. Mais j’aime beaucoup travailler les accents donc, devoir prendre l’accent anglais, c’était un vrai challenge. Et puis le rôle était joli parce que ce personnage est un auteur qui travaille sur la tragédie racinienne et qui est dans les mots, dans les fantasmes, dans les rêves, dans les histoires et il s’en raconte beaucoup. C’est un peu la particularité de ce personnage et c’est quelque chose qui me touche parce que peut-être que ça me ressemble un peu. J’ai tout un tas d’histoires dans ma tête, je me raconte pleins d’histoires et c’est pour ça aussi que j’ai envie d’en raconter sur le plateau certainement.

Pour cette pièce, vous retrouvez Christophe Lidon, qui vous avez déjà mis en scène à plusieurs reprises par le passé.

Oui, j’ai fait pas mal de choses avec Christophe. On avait fait La Serva Amorosa il y a une dizaine d’années avec Robert Hirsch et Clémentine Célarié. J’avais été nommé aux Molières avec Christophe pour une pièce qui s’appelle Leçon de nuit de Dominique Vivant Denon que je jouais avec Danièle Lebrun. J’avais fait La Mouette avec Christophe Lidon que je jouais avec Danièle Lebrun aussi. C’est vrai qu’on s’est souvent retrouvés et à chaque fois c’est un bonheur.

La pièce va-t-elle être reprise à Paris ou en tournée par la suite ?

Alors, en principe, on espère bien. En septembre, on joue au CADO d’Orléans, dans le lieu de Christophe. Ensuite, normalement, on a une tournée qui se prépare. On espère qu’elle sera belle et longue. Et puis, on est un peu aussi à Avignon pour essayer de trouver un point de chute à Paris parce qu’on pense que la pièce y trouverait bien sa place.

Ce n’est pas la première fois que vous participez au Festival OFF. Qu’est-ce que vous appréciez ici ?

Oh que non. Ça fait un peu plus de 20 ans que je fais le festival, pas tous les ans mais quasiment. J’aime beaucoup cette ambiance un peu festive perpétuelle. C’est un marathon quand même, c’est très fatigant mais ce sont des conditions tellement particulières. C’est tellement exceptionnel en fait : on arrive, on monte son décor, on joue sa pièce, on est dans une espèce de concentration intense, on sort dans la rue, on tracte, on parle aux gens. Il y a un échange perpétuel. On sort de là un peu rincé mais c’est un grand moment de vie. Et, pour les compagnies, je pense aussi que c’est un passage important car ça soude vachement les gens entre eux. Avec David, on se connaît depuis plus longtemps donc c’est un peu différent mais on est là avec Mélanie et Clémence, on ne se connaissait pas, on est arrivé là et en trois jours, on a fait symbiose, on est les meilleurs copains du monde et c’est formidable.

Avez-vous d’autres projets qui se profilent à l’horizon après le Festival ?

Oui. Je serai à la rentrée le 1er septembre au Théâtre de Poche Montparnasse dans Le Menteur de Corneille mis en scène par Marion Bierry. Je vais un peu changer d’univers. On reste quand même dans la comédie mais ça sera un peu différent avec des vers et des alexandrins.

Le festival ne fait que commencer, mais auriez-vous un coup de cœur à partager pour ce Festival OFF 2022 ?

Alors, je n’ai pas encore vu beaucoup de choses. J’ai vu mon ami François Feroleto qui est un acteur que j’admire, que j’aime beaucoup et qui joue dans Un Train pour Milan Au Coin de la Lune à 11h35. François, il ne faut pas le rater car c’est un acteur à suivre. Après, c’est difficile quand on joue d’aller voir beaucoup de choses. J’y vais souvent plutôt en fin de festival quand je suis plus libéré de la concentration, donc j’irai dans les dix derniers jours.

Pour conclure, je vous laisse le mot de la fin.

Merci beaucoup pour ce moment. Merci d’être venu nous voir et de parler de nous car on en a besoin pour que la salle se remplisse bien.

Un grand merci à Benjamin Boyer d’avoir pris le temps de répondre à mes questions pour Ciné, Séries, Culture.


Brexit Sentimental (1h15)

  • Auteur : Michael Sadler
  • Metteur en scène : Christophe Lidon
  • Avec : Mélanie Page, David Brécourt, Benjamin Boyer, Clémence Thioly

A l’affiche du Théâtre des Gémeaux du 7 au 30 juillet 2022 à 14h50 (relâches les 12, 19 & 26 juillet)

Résumé : C’est la nuit du Brexit. Les Anglais votent la suite de leur relation avec l’Europe. Suspense… En Touraine, un couple d’Anglais vivant en France attend avec appréhension le résultat des urnes, pendant cette nuit particulière qui sera aussi l’occasion de rencontrer un couple de Français vivant à Londres. Quitter ou persister ? Brexiter ou rester ensemble… En couple, en Europe, en révolte, en opposition ! Quand la vie publique chahute la vie de ces deux couples, tout devient possible… Entre rires et délires, on participe à cette nuit charnière avec délectation !

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