[Interview] Alexandre Brasseur : « Ce spectacle est une ode au combat pour la liberté »

© Anne-Sophie Giraud / Ciné, Séries, Culture
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A l’occasion de la 54ème édition du Festival Off d’Avignon, j’ai pu aller à la rencontre d’Alexandre Brasseur, qui est actuellement à l’affiche de la pièce Les Funambules, écrite et mise en scène par Daniel Colas, d’après ses souvenirs. La pièce se joue du 5 au 28 juillet 2019 à 15h35 au Théâtre des 3 Soleils.

 

Bonjour Alexandre, vous jouez dans Les Funambules au Théâtre des 3 Soleils. Pouvez-vous nous présenter ce spectacle ?

Les Funambules, il faut savoir que c’est un spectacle qui initialement s’appelait Brasseur et les enfants du paradis. Pour la petite histoire, Les Funambules, le titre de ce spectacle, c’était le titre d’origine du film. J’ai demandé l’avis des uns et des autres et finalement j’ai changé le titre de mon spectacle à l’époque. Et là j’ai eu envie de le reprendre d’une manière allégée. C’est le spectacle parisien sauf que je me suis séparée de la jeune femme qui m’accompagnait parce que j’avais besoin de monter le spectacle de manière plus légère, tout comme on a allégé le décor aussi. Et je me suis dit qu’on allait aussi rechanger l’affiche car elle faisait un peu peur la précédente pour essayer de le rendre plus accessible. On a lui a également redonné son titre d’origine. Brasseur et les enfants du paradis emmenait les gens sur une piste qui ne me plait pas, sur une espèce d’ode à la famille où je rendais hommage à mon grand-père. En fait, je n’en ai rien à faire de tout ça. Ce n’est pas mon propos. Mon propos et c’est ce qui m’intéresse dans ce spectacle, c’est le combat pour la liberté. Il n’y a que ça qui m’intéresse. Comment rester libre lorsque l’on est occupé ? Comment est-ce qu’on fait quand on est un artiste, un journaliste, un citoyen, que l’on a envie de dire des choses, d’écrire des choses, de dévoiler des choses et que, au-dessus de vous, il y a un gouvernement, quelqu’un qui cherche à vous museler et à faire taire la liberté. Ce spectacle est en quelque sorte, non pas une ode à la liberté, mais au combat pour la liberté.

Ce que j’ai beaucoup apprécié, c’est qu’au-delà de l’histoire de la genèse du film, le spectacle évoque la grande Histoire et la liberté d’expression…

Les enfants du Paradis, ce n’est qu’un prétexte. Quand je vous parle du combat pour la liberté, c’est l’Histoire qui nous intéresse. Les Enfants du Paradis, c’est un très beau film, magnifique, plein de poésie, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO mais ce n’est qu’un prétexte. C’était un support pour raconter une histoire mais ce spectacle est bien plus profond. Ça va au-delà de ça.

Dans la pièce, on découvre pourquoi ce titre Les Funambules

Exactement. Alors, je ne sais pas pourquoi ils l’ont changé, je n’ai pas le fin mot sur l’histoire du changement de titre. Parce que, au-delà d’être le premier titre d’origine de mon spectacle, c’était aussi le titre des Enfants du paradis. Il est évident que quand on appelle le spectacle Les Funambules, ça parle aux gens parce que c’est vraiment ce qui se dit : ce sont des artistes qui avancent sur un fil ténu sans basculer de part et d’autre, pour pas tomber dans la collaboration ou dans la résistance. On ne pouvait pas être dans les extrêmes sinon on n’arrivait à rien. Il fallait qu’ils arrivent à composer malgré tout avec cela pour avancer. Je trouvais que ça collait plutôt pas mal avec le propos.

Comment s’est passée la collaboration avec Daniel Colas ?

Très bien. On a travaillé pendant un an en réflexion, on a mûri tout ça tranquillement. C’était compliqué au début parce que Daniel voulait écrire un spectacle avec plus de personnages. Ça pouvait être un spectacle choral. Mais c’est compliqué de monter des pièces chorales. Daniel, en plus, il se laisse vite embarquer avec dix, vingt, trente personnages. Ce n’était pas possible donc, du coup, je suis arrivé un beau jour et je lui ai dit : « Je vais te faire un seul-en-scène, comme ça je vais toute faire et ça sera plus simple ». Ça faisait un an qu’on gambergeait, donc il avait tout le matériel nécessaire. Et il a sorti le texte en quinze jours mais ça faisait un an qu’on faisait fumer tout ça.

Du coup, la performance d’acteur est belle puisque vous interprétez plusieurs personnages sur scène.

C’est technique. C’est dans l’évocation. L’idée c’est d’être dans le souvenir, ce n’est pas d’être trop dans la performance justement. L’idée c’est de rester simple, de rester sobre, de pas en faire des caisses. Il faut rester humble par rapport à la grande Histoire.

Les Funambules
© Juliette Brasseur

Vous avez une autre actualité en ce moment avec Demain nous appartient

Demain nous appartient, j’en suis très fier et je le revendique haut et fort. Je tourne en parallèle Demain Nous Appartient pendant le Festival d’Avignon les lundi et les mardi matin. Je tourne également Le bureau des légendes en saison 5. Je trouve justement qu’en France on est bourré de chapelles et que, quand on vous met dans une boîte, il faut bien y rester. Moi, justement, j’ai envie de dire qu’on peut faire le contraire. On peut faire Demain nous appartient à 19h30 sur TF1 et faire Le Bureau des Légendes à 21h00 sur Canal + et faire le Festival d’Avignon avec un seul en scène pas évident. C’est possible. Je veux être libre. Je suis un acteur en liberté.

Comment êtes-vous arrivé sur Demain nous appartient où vous êtes présent depuis le début de la série ?

Je ne peux pas vous dire comment je suis arrivé sur Demain Nous Appartient. Tardivement. Un peu comme Ingrid d’ailleurs. Elle a dû arriver deux semaines avant moi. Moi, je suis arrivé trois semaines avant le début du tournage. Donc j’imagine qu’ils avaient vu beaucoup de monde, qu’ils ne trouvaient pas et un beau jour je suppose que quelqu’un leur a suggéré mon nom. Je suis arrivé dessus comme ça et j’y suis très heureux.

Ça fait presque 2 ans maintenant. C’est une belle aventure ?

Super aventure. On s’adore, j’aime beaucoup Ingrid, la prod. Ça se passe bien, c’est super agréable. Je suis très heureux, très épanoui. Donc ça me fait plaisir. Et je suis content d’être en Avignon aussi. C’est mon premier. C’est la première fois de ma vie que j’y viens et c’est la première fois de ma vie que j’y joue. Donc je suis très heureux.

C’est une ambiance particulière ?

Oui. Mais je la découvre au quotidien. Je ne la connais pas bien. Je découvre le bazar, je découvre tout ça.

Le festival ne fait que commencer (ndlr : l’interview a été enregistrée le 06/07), mais auriez-vous un coup de cœur à partager pour ce Festival OFF 2019 ?

Je ne peux pas vous dire. J’en ai vu une ce matin. Je voudrais arriver à voir des spectacles. Mais j’habite un peu loin, je suis à cinquante bornes donc je ne peux pas aller aux spectacles tous les jours. Je vais y aller, c’est trop frais pour le moment.

Pour conclure, je vous laisse le mot de la fin.

Déjà, merci beaucoup. On s’est rencontré par le fruit du hasard ce matin tous les deux et finalement le fruit du hasard fait bien les choses. Donc continuons d’être hasardeux.

Un grand merci à Alexandre Brasseur d’avoir pris le temps de répondre à mes questions pour Ciné, Séries, Culture.

Les Funambules


Les Funambules (1h10)

  • Auteur : Daniel Colas, d’après Alexandre Brasseur
  • Metteur en scène : Daniel Colas
  • Avec : Alexandre Brasseur

A l’affiche du Théâtre des 3 Soleils du 5 au 28 juillet 2019 à 15h35 (à l’exception des 8, 15 et 22 juillet). Plus d’infos sur : www.les3soleils.fr

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