[Interview] Frédéric Achard, Gilles Azzopardi et Christian Guérin : « Marcel Pagnol traite de sujets que tout le monde peut connaître et ressentir »

Christian Guérin Gilles Azzopardi Frédéric Achard
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A l’occasion de la 53ème édition du Festival Off d’Avignon, j’ai pu aller à la rencontre des comédiens Frédéric Achard, Gilles Azzopardi et Christian Guérin, tous trois à l’affiche de Jules et Marcel. La pièce se joue du 6 au 29 juillet au Théâtre du Petit Chien à Avignon.

 

Bonjour Frédéric, Gilles et Christian. Vous jouez tous les 3 dans Jules & Marcel à 12h25 au Théâtre du Petit Chien. De quoi parle cette pièce ?

Gilles Azzopardi : C’est l’histoire d’amitié qui a lié deux grands personnages du cinéma français : Jules Raimu et Marcel Pagnol. En fait, c’est la correspondance qu’ils ont entretenu tout au long de leur vie et qui a été retrouvée par les deux familles. Elle a été mise en perspective par Monsieur Pierre Tré-Hardy qui a fédéré ces courriers, qui les a fait exister pour faire naître ce spectacle autour de ces deux grands personnages du cinéma français.

Christian et Frédéric vous incarnez deux personnages célèbres, puisque vous jouez Marcel Pagnol et Raimu. Qu’est-ce que ça fait ?

Frédéric Achard : C’est un travail différent par rapport à ce que l’on a l’habitude de faire en travaillant des personnages imaginaires. Là, il faut qu’on se rattache à deux géants du cinéma qui ont existé. Donc, il faut se renseigner sur qui ils étaient dans la vie et surtout ne pas confondre, enfin pour mon personnage, le personnage de Raimu, les personnages qu’il interprétait à l’écran et qui il était lui dans la vie. On s’aperçoit rapidement que Raimu a souvent joué des personnages populaires alors que dans la vie il était plus dandy, un Monsieur comme on dit. Mais c’est un véritable plaisir, et un poids aussi, parce que c’est pas évident d’interpréter ce monstre du cinéma. Mais moi je le fais tous les jours avec énormément de plaisir et entouré de deux partenaires exceptionnels. C’est du bonheur. En plus, en étant au festival d’Avignon, c’est le top quoi !

Christian Guérin : Moi je suis un peu impressionné, forcément, de me confronter à ce géant Marcel Pagnol. Déjà, j’ai une profonde admiration et un profond amour pour lui alors, de devoir l’incarner, c’est très impressionnant. Etre mis en scène en plus par son petit fils, si l’on y pense, c’est aussi très impressionnant. Et être, en plus, dans le plus grand festival de théâtre du monde, c’est trois ingrédients qui font que tout ça est très impressionnant. J’essaye de prendre un peu de distance et pas trop y penser. Et puis il y a l’avantage aussi c’est que Marcel Pagnol on ne l’a pas trop vu. Autant Jules Raimu était à l’écran, donc Fred Achard peut souffrir d’une comparaison. Moi je suis moins touchable par ça parce qu’on n’a pas d’images de Marcel Pagnol. On a quelques photos de quand il était un peu plus âgé, mais on n’a pas d’interviews de quand il était jeune, de l’histoire qu’on raconte autour de 1920-1930-1940. Ensuite, ce qui me touche particulièrement dans cet exercice, c’est que ce n’est pas une pièce de théâtre habituelle, c’est-à-dire que les répliques n’ont pas été écrites pour avoir un impact sur le public. En fait, c’est de l’intime, c’est de l’inverse du théâtre. Ce n’est pas fait pour être vu. C’est fait juste pour être lu dans l’intimité d’une lettre, d’un bureau. Marcel n’écrivait que pour les yeux de Jules Raimu. Et on se rend compte qu’en mettant leurs lettres comme ça les unes à côté des autres, c’est de véritables répliques qui ont véritablement un impact sur le public. Et ça déclenche de l’émotion, du rire. Exactement comme une pièce de Marcel Pagnol interprétée par Jules Raimu.

Frédéric Achard : Et puis la pièce est très équilibrée par des moments d’émotion, des moments d’engueulade, des moments de rire aussi. On découvre ici des scènes où on parle du métier d’acteur, de production, de négociations des contrats. On découvre aussi l’intimité des deux hommes, l’amitié profonde que se portaient Raimu et Marcel. Notamment quand Marcel me parle de l’amour qu’il a pour Josette Day, on sent qu’il se confie à son ami. Donc tout ça est riche. Et puis Gilles, il a plusieurs casquettes, c’est-à-dire qu’il est le narrateur, le fil conducteur de la pièce, et avec son talent il a su aussi incarner d’autres personnages qui entourent ces géants comme Maupi, Fernandel et le fameux secrétaire Charley qu’on a développé. On a peut-être pas encore fini de le développer celui-là d’ailleurs.

Christian Guérin : Oui, Gilles, c’est un peu notre scaphandrier. Il fait replonger le public à l’intérieur de ces profondeurs du temps, de ce début du siècle. Et il refait vivre tout ça. Il fait le lien avec les spectateurs pour cette plongée dans le temps.

Gilles Azzopardi : Et oui. Alors, ce qu’il faut préciser, c’est qu’on a dit que la tâche de notre ami Frédéric Achard est un peu moins aisé que la nôtre puisque son personnage est identifié. Mais on a vraiment fait attention de ne pas partir dans des espèces d’imitations qui auraient menées nulle part. On a la chance d’avoir un comédien qui a une nature et qui donc peut jouer et incarner avec vraiment une vérité et une force, parce qu’il y a des passerelles entre la force de Raimu et la personnalité au naturel de Frédéric. Donc ça permet de ne pas verser dans l’imitation qui aurait été vaine. Et moi, en ce qui me concerne, je ne fais pas d’imitations, je n’ai pas ce talent là. Mais c’est de l’évocation. On essaye, dans un claquement de doigts, de faire apparaître le visage de Fernandel. C’est une espèce de délicatesse qu’on essaye de saupoudrer sur le spectacle.

Frédéric Achard : Et qui est très appréciée par les spectateurs parce que c’est très rapide. C’est très court. C’est identifiable tout de suite. Et les gens se souviennent de la voix. Et tout ça fait que le spectacle est bien parti en ce début de festival puisque les gens commencent à arriver, à être présents.

Christian Guérin : Oh, ça va, on n’a que ce qu’on mérite (rires).

Frédéric Achard : Et puis on a aussi un camarade qui s’appelle Nicolas Dromard et qui travaille, comme l’a dit Christian sur scène tout à l’heure, dans l’ombre. Il travaille beaucoup pour nous, en se levant très tôt le matin, en allant tracter. Il a trouvé une idée en offrant un petit verre de pastis très dilué aux spectateurs du festival. Il aime beaucoup cette pièce et il le fait avec le cœur. Finalement, on est quatre pour moi sur scène parce que Nico sur cet Avignon, il est présent avec nous.

Christian Guérin : C’est lui qui nous fait les salles.

Frédéric Achard : Et puis c’est un excellent comédien aussi, Nicolas. Donc là il fait le sacrifice de sa personne en tant que comédien pour porter ses camarades. Chapeau !

Du coup, comme vous le disiez tout à l’heure, le fait que ce soit Nicolas Pagnol, le petit-fils de Marcel Pagnol, qui signe la mise en scène, ça confère une autre dimension au spectacle ?

 A l’unisson : Oui.

Gilles Azzopardi : Bien sûr, c’est un état d’esprit particulier. On est connecté directement à la famille Pagnol et je crois que ça, le public le ressent aussi. C’est une affaire de famille. On est chez les Pagnol et les Muraire. On est chez eux.

Christian Guérin : Oui, il y a une sorte d’expertise qui découle de son intervention et on est au plus près de la source. Mais il faut aussi rendre un hommage à Isabelle Nohain Raimu qui a participé à la création parce que Nicolas Pagnol n’a retrouvé que les lettres de Raimu qui étaient arrivées chez Marcel. Et donc ils ont collaboré pour récupérer les exemplaires de Marcel qui étaient dans le grenier de Jules.

Frédéric Achard : Et Isabelle m’a aidé aussi sur quelques points de détail de son grand-père. J’essaye d’être fidèle au peu qu’on a pu me dire. Parce que pareil, Raimu on l’a souvent vu dans des films mais il y a très peu d’interviews vidéos, même de presse. Je pense que c’était un homme assez discret. Après, il aimait faire son métier mais il était pas…

Gilles Azzopardi : Je pense pas qu’il nourrissait un respect particulier envers les journalistes qui devaient parfois le tacler.

Frédéric Achard : Oui, aussi. Il aimait son métier, ça c’est sûr. C’était sa raison de vivre de monter sur scène. Et après, le reste, il est un peu comme moi finalement (rires). Mais c’est sûr, à l’époque, la presse était féroce. Il dit à Marcel Pagnol : « Il faut faire attention à qui tu parles parce qu’ils font de vilains papiers sur moi ».

Gilles Azzopardi : C’est ça, il fait allusion à ça. Exactement. Parce qu’ils avaient dû balancer deux-trois articles un peu dur. En plus, comme il y avait ce côté populaire, c’était pas très bien vu.

Frédéric Achard : C’est toujours pareil, ce côté populaire c’est toujours péjoratif. C’est terrible. En tout cas, nous ça fait bientôt deux ans que ce spectacle a été créé.

Christian Guérin : Oui, et puis on l’a tourné aussi au Québec. On a pu avoir une ouverture un peu sur le monde et on se rend compte.

Gilles Azzopardi et Frédéric Achard : Cela ne nous concerne plus (rires).

Christian Guérin : Le spectacle, et cette histoire de Provence, ça plait à la planète entière. C’est ce que disait Marcel : « En parlant de chez soi, on parle du monde entier ».

Frédéric Achard : On espère aller très loin dans ce spectacle. On va essayer d’aller le plus loin possible. Avec beaucoup de plaisir.

Comme vous le disiez, cela fait plus de deux ans que le spectacle tourne. Est-ce qu’il y a d’autres dates de prévues après le festival ?

Frédéric Achard : Justement, on compte beaucoup sur Avignon pour qu’il y en ait d’autres. Il y a quelques dates déjà qui sont prévues à partir de la rentrée mais justement cette année, la production, la compagnie, a mis les moyens pour engager des gens qui s’occupent de nous et qui nous ramènent des éventuels acheteurs. Donc on espère que ce spectacle aura une belle tournée.

Christian Guérin : On a déjà beaucoup tourné sur la région Provence-Alpes-Côte-D’Azur, et l’idée en faisant Avignon c’est de s’ouvrir un peu à la France. En fait, c’est pas quelque chose de régionaliste Pagnol-Raimu. Raimu est un comédien qui a interprété les plus grands personnages, il a travaillé pour Guitry aussi, et comme il est dit dans la pièce, pour pleins d’autres auteurs. C’est un parisien finalement. Il n’y a pas à se dire que c’est un gars de Toulon.

Frédéric Achard : Attention à ce que tu dis, fais gaffe.

Gilles Azzopardi : Un comédien Français.

Christian Guérin : Exactement. Un comédien Français comme Pagnol était un auteur Français, de l’Académie Française, et pas d’un petit quartier de Marseille.

Frédéric Achard : Bien sûr. C’est important de le préciser.

Christian Guérin : Même dans le Nord, l’impact est très fort. On le voit sur Facebook, on est suivi par des gens. Et il y a pleins de gens sur Nord qui ont fait le chemin pour venir nous voir à Aubagne quand on avait joué. Ca vibre de partout. Donc l’idée du festival, c’est d’ouvrir aussi…

Frédéric Achard : Parce que justement le texte de Marcel Pagnol, je le dis dans la voix de Jules, c’est des choses habituelles. Il n’y a pas de grands mots, c’est à la portée de tous. Et c’est une force aussi. Il traite de sujets que tout le monde peut connaitre et ressentir. C’est pas adressé à une élite ou quoi que ce soit. C’est adressé à tout le monde et on peut voir, encore à l’intérieur des phrases, un sous-texte. C’est sans fin.

C’est universel.

 A l’unisson : Exactement. C’est universel.

Christian Guérin : « En restant chez soi, on touche à l’universel » disait-il.

Gilles Azzopardi : C’est exactement ça.

Jules et Marcel
Frédéric Achard et Christian Guérin dans « Jules et Marcel » / © Chris Boyer

Concernant le Festival Off d’Avignon, est-ce la première fois que vous y participez en tant que comédien ?

Frédéric Achard : Première fois.

Gilles Azzopardi : Première fois aussi.

Christian Guérin : Non, moi j’avais déjà participé.

Frédéric Achard : Non, nous c’est notre première fois même si ça fait des années qu’on est sur scène. Mais c’est vrai qu’Avignon… Et je suis d’autant plus fier de le faire avec un spectacle de cette tenue.

Christian Guérin : Moi c’est la première fois que je le fais avec un aussi beau spectacle, un aussi beau personnage, et avec d’aussi beaux partenaires.

Frédéric Achard : Merci Monsieur Guérin (rires).

Et qu’est-ce que vous appréciez dans ce festival ?

Gilles Azzopardi : Pour moi, c’est un peu tôt pour le dire.

Frédéric Achard : Oui, moi aussi. Ça va faire une semaine qu’on est là demain (ndlr : l’interview a été réalisé le 9 juillet). On est presque au bout d’avoir pris toutes les marques. Mais je pense qu’à partir de la semaine prochaine, on va avoir plus de recul.

Christian Guérin : Alors, moi, ce que je n’aime pas, c’est l’aspect commercial qui se développe de plus en plus. Depuis Jean Vilar, les choses ont bien changé. Le prix des billets a énormément augmenté et j’ai même un peu de peine pour le public.

Frédéric Achard : La France a changé depuis François 1er aussi (rires).

Christian Guérin : Après, par contre, pour moi, c’est le plus grand festival de théâtre du monde, disons-le parce que c’est la réalité. Mais c’est surtout une grande fête du théâtre. Quand on arrive à Avignon quelques jours avant, c’est tout calme, c’est tout propre. Et, en quelques jours, le barnum du festival se met en place. La ville entière est décorée avec toutes ces affiches. Cette effervescence, ces comédiens qui arrivent des quatre coins du monde, parce que c’est pas seulement des français, pour pouvoir jouer, s’investir, et en étant tous dans la même humeur, c’est-à-dire pouvoir préparer les décors, les mises, les démises, et puis les prospectus, les tracts, les affiches. Ca grouille de partout. Une fourmilière de théâtre où les créneaux s’enchaînent. C’est une véritable fête. Et je trouve qu’il y a beaucoup de respect en plus. On pourrait croire que c’est la guerre, le combat entre les compagnies, et pas du tout. Je trouve qu’il y a beaucoup de solidarité, on a vu pour l’affichage mais aussi pour pleins d’autres petites choses. C’est une véritable fête. Beaucoup d’énergie, pas de conflit. Il y a beaucoup de rencontres, beaucoup de gens passionnés et des spectateurs qui sont particulièrement passionnés aussi par le théâtre, ce qui peut amener aussi à une certaine exigence. Le regard d’un spectateur d’Avignon n’est pas forcément un regard comme on peut avoir en tournée d’un spectateur qui va au théâtre de temps en temps. Non, le spectateur d’Avignon, il s’en tape quatre par jour.

Frédéric Achard : On ne sait pas qui est dans la salle.

Christian Guérin : Il a une certaine expertise aussi. Donc, il y a un certain challenge d’une part de pouvoir remplir la salle, et d’autre part de pouvoir plaire à cette salle qui ne ressemble pas aux autres salles qu’on pourrait avoir par ailleurs. Après, si on pouvait baisser un petit peu la température (rires). Si on pouvait faire ce putain de festival en mai…

Frédéric Achard : Encore que depuis quelques jours on a un peu de vent donc ça va heureusement. Parce que le jour où il va tomber ça va être encore plus chaud.

En dehors de la pièce, avez-vous d’autres projets qui se profilent à l’horizon ?

Frédéric Achard : Non. Moi j’ai deux petits castings mercredi (rires). Je suis un des trois chanteurs du groupe Quartiers Nord à Marseille, mais ça c’est à part. La musique, c’est pas la même chose que le théâtre. Le théâtre, c’est très important pour moi, pour ma façon de vivre et ça fait plus d’un an que je me suis consacré entièrement à ce spectacle parce que je pense et j’espère qu’il va aller très très loin. Mais après, on parle de projets, tous les trois aussi, éventuellement. On a quelqu’un avec nous qui écrit, Gilles, donc une plume. C’est un atout supplémentaire. Et on le voit qu’il nous observe, donc il va pas tarder à nous pondre quelque chose.

Gilles Azzopardi : J’observe, je suis une éponge (rires).

Christian Guérin : Moi, il y a déjà le Guitry qui se joue à la Condition des Soies à 20h15, une superbe pièce Une petite main qui se place. Comme je le disais, un chef-d’œuvre méconnu, une pièce en trois actes avec beaucoup de personnages. C’est très agréable. On retombe un peu au temps de Au Théâtre ce Soir avec cette générosité du boulevard et en même temps cette précision dans la plume de Guitry, ce coté un peu provocateur qui pousse aussi à réfléchir aux mœurs de notre société moderne. Et puis, j’ai aussi un autre spectacle qui va se jouer, cette fois-ci dans un tout autre registre, un trio de clowns modernes, de clowns de théâtre. Ca s’appelle Homnimal et nous jouons au Théâtre Anthéa, chez Daniel Benoin, à la rentrée. Homnimal, le thème c’est l’animalité, la brutalité dans les entreprises d’aujourd’hui, dans le monde du travail. Dans les entretiens d’embauche, où on veut des tueurs,  comment les pulsions animales peuvent être encouragées à ressortir. Et après, effectivement, j’avais un solo sur Marcel Pagnol qui s’appelait en toute simplicité Christian Guérin raconte Pagnol donc je racontais l’œuvre et la vie surtout de Marcel Pagnol, son parcours…

Frédéric Achard : Avec beaucoup d’humour.

Christian Guérin : Comment ce petit élève boursier peut arriver au siège de l’Académie Française. Et je mettais en croisement et en perspective ma vie à moi de pauvre petit comédien de province, même pas de Provence puisque je viens de Nice, qui suis un petit raté, contrairement à lui qui a tout réussi, tout transformé. Ses amitiés, ses amours, son succès, le théâtre, le cinéma, ses entreprises. C’était un entrepreneur à l’international. Donc je mets en perspective ces deux parcours pour qu’on puisse rire et apprendre des choses. C’est ce que j’appelle un one-man-show culturel puisqu’on s’amuse mais en même temps on découvre des choses de la culture. Là je suis aux Estivales du Conseil Général des Alpes-Maritimes avec deux dates au mois d’août et Beaulieu-sur-Mer en septembre.

Gilles Azzopardi : Moi, je poursuis, je creuse mon sillon. J’ai mes spectacles avec ma compagnie. Là, pour l’instant, on est vraiment focalisé sur le Festival d’Avignon. Le mois d’août je tire le frein à main, je fais rien, je refuse tout. Et ça repart après en septembre avec des spectacles, c’est-à-dire La Chaise, spectacle que l’on tourne depuis un petit moment. Il y a aussi Masculin Plurielle. Il y a de l’écriture. J’anime aussi mes ateliers, c’est très important pour moi. Je leur ai écris une pièce cette année, on va essayer de la faire vivre au-delà du cours. Il y a de la musique aussi avec un groupe qui a été créé avec quatre… J’allais dire entre quatre planches. Non, pour l’instant ça va (rires). Avec quatre amis musiciens. Non, c’est assez fourni. Beaucoup de choses à faire. Mais là, après le festival d’Avignon, stop pendant un mois. Rien.

Frédéric Achard : Il faut, parce que c’est pas évident tous les jours. Un horaire qui est inhabituel pour nous aussi tous les jours à 12h25.

Gilles Azzopardi (désignant Christian Guérin) : Et puis moi je n’ai plus l’énergie de ce monsieur.

Frédéric Achard : Oui, mais il est jeune encore.

Auriez-vous un coup de cœur à partager pour cette édition 2018 du Festival Off d’Avignon ?

Frédéric Achard : Non, la première semaine, comme je le disais tout à l’heure, je prends mes marques et je pense qu’à partir de jeudi ou vendredi, je vais commencer.

Christian Guérin : On nous a dit beaucoup de bien d’un spectacle aussi populaire, qui n’est pas forcément dans les canons de la culture, mais qui s’appelle On a vendu le pont d’Avignon ! avec une excellente comédienne qui s’appelle Sandra Jouet dedans qui a vraiment quelque chose, un caractère, une nature. Et c’est la troisième année qu’ils viennent au Festival.

Frédéric Achard : Une pièce des Chevaliers du Fiel.

Christian Guérin : Après, moi, j’ai beaucoup de tendresse aussi pour Frédéric Fromet qui nous fait Ca Fromet ! avec l’acidité de sa plume.

Frédéric Achard : Et puis, on a plein de copains qui jouent aussi. Il y en a certains malheureusement qu’on peut pas aller voir parce qu’on est au même horaire et c’est un peu embêtant. Comme Jean-Jérôme Esposito…

Gilles Azzopardi : Oui, Récits de mon quartier. Et puis Marc Pistolesi, qui joue Monsieur Ducci, qui a quatre spectacles. Il fait de la mise en scène aussi. Lui, il est impressionnant.

Christian Guérin : Il y a Philippe Caubère aussi qui interprétait mon personnage avant d’avoir la gentillesse de me le laisser (rires). Il fait Le Bac 68.

Gilles Azzopardi : Dis la vérité, tu l’as menacé (rires).

Christian Guérin : Et il y a Anthéa Sogno qui joue dans Victor Hugo, mon amour à la Condition des Soies.

Frédéric Achard : Et qui nous a reçu il y n’a pas si longtemps que ça à Monaco, au Cap d’Ail, pour Jules et Marcel.

Pour conclure, je vous laisse le mot de la fin.

Frédéric Achard : Venez nous voir. Vous allez passer un bon moment. C’est à une heure pagnolesque, 12h25. Donc forcément on entend les cigales, il fait un beau soleil, et on peut boire un petit pastis avant…et après.

Christian Guérin : La vie est un théâtre, Avignon est une scène, et le Petit Chien est climatisé (rires).

Gilles Azzopardi : C’est que du bonheur ce spectacle, donc il faut venir le voir. Nous on prend du plaisir à jouer. A priori, les spectateurs sortent avec la banane, donc il faut que tout le monde en profite.

Un grand merci à Frédéric Achard, Gilles Azzopardi et Christian Guérin d’avoir pris le temps de répondre à mes questions pour Ciné, Séries, Culture.

Jules et Marcel


Jules et Marcel (1h20)

  • Auteur : Pierre Tré-Hardy
  • Metteur en scène : Nicolas Pagnol
  • Avec : Frédéric Achard, Gilles Azzopardi et Christian Guérin

A l’affiche du Théâtre Le Petit Chien à Avignon du 6 au 29 juillet 2018 à 12h25 (à l’exception des 11, 18 et 25 juillet).

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